{"id":6198,"date":"2018-01-03T09:52:09","date_gmt":"2018-01-03T08:52:09","guid":{"rendered":"http:\/\/apo33.org\/?p=6198"},"modified":"2023-01-02T21:29:16","modified_gmt":"2023-01-02T20:29:16","slug":"compte-rendu-et-reportage-digital-antidote-septembre-decembre-2017","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/apo33.org\/?p=6198","title":{"rendered":"Compte-rendu et reportage Digital Antidote Septembre \u2013 d\u00e9cembre 2017"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Un \u00e9v\u00e9nement organis\u00e9 sur 3 mois ce n&#8217;est pas commun ! Mais il est important de proposer de nouvelles fa\u00e7ons d&#8217;aborder les questions du festival et de la diffusion.<\/p>\n<p>Apo33 propose depuis 20 ans une approche critique de la diffusion, des modes d&#8217;\u00e9critures et de cr\u00e9ation que nous pr\u00e9sentons.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-3160 alignnone\" src=\"http:\/\/apo33.org\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/MG_8844-700x467.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"467\" srcset=\"https:\/\/apo33.org\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/MG_8844-700x467.jpg 700w, https:\/\/apo33.org\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/MG_8844-300x200.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cette question du \u201cgu\u00e9rir num\u00e9rique\u201d est le sujet central de cet \u00e9v\u00e9nement : nous avons invit\u00e9 plusieurs artistes \u00e0 aborder cette question sous l&#8217;angle qui les int\u00e9resse\u00a0 en utilisant les m\u00e9dia avec lesquels ils composent au quotidien.<\/p>\n<p>Cela a permis d\u2019organiser plusieurs expositions, performances, concerts et rencontres tous singuliers sur la question. Citons \u00e0 ce titre l&#8217;\u00e9coute infime du d\u00e9tail et des sonorit\u00e9s d\u00e9licates d&#8217;Eliane Radigue ou de la r\u00e9paration d&#8217;ADN par Tranzion ou encore le son des \u00e9toiles comme transfiguration du r\u00e9el, le jeux interactif bas\u00e9 sur les \u00e9motions de Shu Lea Cheang etc\u2026<\/p>\n<p>Aucune des propositions que nous avons faites ne s\u2019appuie sur une r\u00e9ponse unique pour chacun des sujets choisis. Il ne s&#8217;agit pas non plus de m\u00e9decine au sens propre, du gu\u00e9rir imm\u00e9diat mais plut\u00f4t de cette approche artistique qui s&#8217;interroge par des chemins de traverse, des questions et intuitions qui touchent au sensible et \u00e0 la diversit\u00e9 de points de vue sur le monde.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Exposition Tranzion Cure yourself II \u2013 l&#8217;\u00e9coute des fr\u00e9quences cens\u00e9es r\u00e9parer l&#8217;ADN et l&#8217;abstraction d&#8217;un cin\u00e9ma aux contrastes extr\u00eames.<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tranzion est un artiste anonyme, dans cette installation : Seules des machines activent les sons et le film.Tout est construit de mani\u00e8re automatis\u00e9e avec des processus g\u00e9n\u00e9ratifs temps-r\u00e9el bas\u00e9s sur les fr\u00e9quences qui apparement r\u00e9pare l&#8217;ADN.<\/p>\n<p>Qu&#8217;en est-il r\u00e9ellement ? Il faut en faire l&#8217;exp\u00e9rience mais comment pouvons-nous avoir des r\u00e9ponses ? Seul le retour de vos sensations, de ce que vous avez \u00e9prouv\u00e9, permet de savoir si un \u00e9ventuel changement au niveau mol\u00e9culaire s\u2019est produit.<\/p>\n<p>L&#8217;exposition de Tranzion permet de se mettre en condition, celle de l&#8217;\u00e9coute qui se centre sur l\u2019id\u00e9e qu&#8217;un son puisse r\u00e9parer notre ADN, comme une sorte de m\u00e9ditation guid\u00e9e&#8230; . Et que signifie \u201cr\u00e9parer notre ADN\u201d, l&#8217;artiste ne le dit pas mais est-ce le but de son installation d&#8217;ailleurs ?<\/p>\n<p>L&#8217;image de m\u00eame n&#8217;a apparemment aucune relation avec les sons, toutefois\u00a0 en apparence. S&#8217;agit-il de fr\u00e9quences visuelles adapt\u00e9es \u00e0 celle du son? Agissent-elles de la m\u00eame fa\u00e7on sur la r\u00e9tine ? Nous pensons, en termes de cin\u00e9ma au Flicker de Tony Conrad mais automatis\u00e9, num\u00e9ris\u00e9 et sans fin.<\/p>\n<p>Que venons-nous voir ou entendre dans cette installation, de quoi nous parle Tranzion \u00e0 travers ce cin\u00e9ma abstrait, peut-on dire exp\u00e9rimental ? Car en effet il s&#8217;agit aussi de la fin de l&#8217;image : saturation \u00e0 l&#8217;extr\u00e8me (noir, blanc, gris) et infimes micro-mouvements dans l&#8217;image absente de l&#8217;\u00e9cran, fantomatique et \u00e9vanescente.<\/p>\n<p>R\u00e9paration du corps, r\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence, fin de l&#8217;image, abstraction des fr\u00e9quences, Tranzion pose \u00e9norm\u00e9ment de questions. Si le but affirm\u00e9 de l&#8217;exposition est ce fameux \u201ccure yourself\u201d, ne s&#8217;agit pas t-il non plus de questionner le sujet lui-m\u00eame du \u201cgu\u00e9rir num\u00e9rique\u201d.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-3152 alignnone\" src=\"http:\/\/apo33.org\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/MG_8803-700x467.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"467\" srcset=\"https:\/\/apo33.org\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/MG_8803-700x467.jpg 700w, https:\/\/apo33.org\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/MG_8803-300x200.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/p>\n<p><b>Le bonheur pour l&#8217;\u00e8re des machines, conf\u00e9rence sur l&#8217;amour que les machines ont pour l&#8217;homme et leur tentatives de nous aider par \u201cDatabytes love machine\u201d<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En lien avec cette exposition, \u201cDatabytes love machine\u201d a propos\u00e9 une conf\u00e9rence\u00a0 faite par des machines, des pseudo-IA qui nous ont parl\u00e9 de leur amour pour l&#8217;humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Le sujet est d\u00e9j\u00e0 une contradiction en soi, comment les machines peuvent-elles aimer ? De m\u00eame il faut souligner le c\u00f4t\u00e9 absurde de la situation de ces machines qui nous ont parl\u00e9 pendant deux heures environ comme des conf\u00e9renciers avec des voix de synth\u00e8se (en anglais et fran\u00e7ais) m\u00e9caniques, froides avec une pr\u00e9sentation minimale (3 laptops c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te).<\/p>\n<p>Savoir r\u00e9ellement ce qu&#8217;ils se sont dit et nous ont racont\u00e9s, reste assez incertain&#8230; Pourrions-nous r\u00e9ellement comprendre des machines qui nous parlent de leur amours ?<\/p>\n<p>Ils ont d\u00fb adopter leur langage \u00e0 notre vitesse de compr\u00e9hension : les machines n&#8217;\u00e9changent pas de la m\u00eame mani\u00e8re entre elles qu&#8217;elles ne le font avec nous.<\/p>\n<p>Le d\u00e9bat de fin le montre : les \u00e9changes entre machines, avec leur vitesse propre, sont ind\u00e9chiffrables par nos oreilles et inaccessibles \u00e0 notre compr\u00e9hension.<\/p>\n<p>Le processus des machines quasi-IA repose sur de l&#8217;analyse et du d\u00e9coupage s\u00e9mantique automatis\u00e9 : selon les \u00e9v\u00e9nements chacune d&#8217;entre elles utilise et puise dans des textes de recherche sur les rapports humain-machine \u00e0 sa fa\u00e7on. Le r\u00e9sultat est d\u00e9routant, chacune des machines d\u00e9veloppe sa propre s\u00e9mantique, sa conf\u00e9rence sur le sujet.<\/p>\n<p>Dans le d\u00e9bat de fin, les trois machines argumentent, au d\u00e9part de fa\u00e7on compr\u00e9hensible pour l&#8217;humain. Ensuite elles oublient le public et s\u2019expriment \u00e0 une vitesse qui permet uniquement l&#8217;\u00e9change entre elles.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-3165 alignnone\" src=\"http:\/\/apo33.org\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/MG_8926-700x467.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"467\" srcset=\"https:\/\/apo33.org\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/MG_8926-700x467.jpg 700w, https:\/\/apo33.org\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/MG_8926-300x200.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/p>\n<p><b>Une journ\u00e9e d&#8217;atelier pour se lib\u00e9rer des carcans technologiques des multinationales de la silicon valley, un \u201cguerir num\u00e9rique\u201d litt\u00e9ralement, pour appr\u00e9hender un certain malaise dans l&#8217;utilisation des nouvelles technologies.<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pendant une journ\u00e9e des intervenants de l&#8217;association et des invit\u00e9s ont cr\u00e9\u00e9 un espace d&#8217;\u00e9changes sur l&#8217;utilisation de technologies libres pour la cr\u00e9ation.<\/p>\n<p>Ils ont \u00e9voqu\u00e9 le syst\u00e8me informatique libre, Gnu\/Linux, en passant par le hacking de machines ou encore par la fa\u00e7on d&#8217;utiliser des logiciels libres de programmation avec l\u2019objectif de cr\u00e9er des installations ou des performances originales. Tous les participants ont pu d\u00e9couvrir ces outils et se lib\u00e9rer du carcan des syst\u00e8mes propri\u00e9taires : la sant\u00e9 num\u00e9rique en passe aussi par la lib\u00e9ration des pratiques.<\/p>\n<p>Si Apo33 a propos\u00e9 cette journ\u00e9e du libre c&#8217;\u00e9tait aussi pour \u00e9changer sur les outils num\u00e9riques et la question de leur ouverture. En effet le cloisonnement de nos outils nous emp\u00eache de penser de fa\u00e7on plus approfondie ces pratiques de la technologie.<\/p>\n<p>Un cadre restreint nous contraint \u00e0 une forme de pens\u00e9e unique.<\/p>\n<p>Le gu\u00e9rir num\u00e9rique est aussi une fa\u00e7on de prendre du recul avec nos fa\u00e7ons d&#8217;utiliser la technologie.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-3167 alignnone\" src=\"http:\/\/apo33.org\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/MG_8962-700x467.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"467\" srcset=\"https:\/\/apo33.org\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/MG_8962-700x467.jpg 700w, https:\/\/apo33.org\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/MG_8962-300x200.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/p>\n<p><b>L&#8217;exposition DNA to NSA de Gisle Froyland and Maite Cajaraville, un biolab \u201cDIT\u201d pour mieux appr\u00e9hender nos rapports \u00e0 l&#8217;\u00e9criture du g\u00e9nome et les enjeux de sant\u00e9, de contr\u00f4le et d&#8217;exploitation commerciale qui se cachent derri\u00e8re.<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cette question concerne chacun d\u2019entre nous et touche \u00e0 la question de la protection de notre g\u00e9nome, \u00e0 la fois sur le plan d&#8217;une meilleure compr\u00e9hension du public des rapports sant\u00e9 et ADN, mais aussi sur la sauvegarde de notre code g\u00e9n\u00e9tique. L&#8217;installation DNA to NSA a un rapport simple \u00e0 la repr\u00e9sentation de l&#8217;ADN via un syst\u00e8me de r\u00e9v\u00e9lation du code visuellement.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 la d\u00e9construction biologique de quelques crachats de chacun dans un verre et une solution bas\u00e9e sur du jus d&#8217;orange, de la vodka et quelques autres r\u00e9v\u00e9lateurs chacun peut visualiser son ADN. Un c\u00f4t\u00e9 bricolage, instantan\u00e9 qui tend \u00e0 mettre en valeur la d\u00e9marche plus qu&#8217;un certain r\u00e9sultat.<\/p>\n<p>La visualisation et le son sont en relation mais pas connect\u00e9s et repr\u00e9sentent une base de donn\u00e9es des collections de codes g\u00e9n\u00e9tiques collect\u00e9s depuis plusieurs d\u00e9cennies (voir au del\u00e0) de la population de l&#8217;Islande. Ce flux se d\u00e9roule sans fin et le son est une interpr\u00e9tation directe de ces donn\u00e9es. Une op\u00e9ration simple renvoie les donn\u00e9es vers la carte son pour cr\u00e9er une musique de data, proche de sons bruiteux l\u00e9g\u00e8rement granuleux.<\/p>\n<p>S&#8217;il y a de toute \u00e9vidence une d\u00e9marche, un processus, le r\u00e9sultat pourrait \u00eatre un peu plus mis en valeur et certaines formes mises en relation.<\/p>\n<p>Les questionnements sont li\u00e9s \u00e0 la privatisation et la fermeture du code g\u00e9n\u00e9tique humain. Source fondatrice, ce code devient un enjeu global extr\u00eamement sensible : \u00e0 qui appartient-il ? A priori la r\u00e9ponse para\u00eet \u00e9vidente : notre code g\u00e9n\u00e9tique nous appartient. Pourtant d\u2019un point de vue l\u00e9gal on ne sait pas s\u2019il nous appartient ou s&#8217;il appartient \u00e0 l&#8217;entreprise qui les collecte !<\/p>\n<p>Cette installation nous am\u00e8ne \u00e0 penser \u00e0 ce sujet, comme Tranzion, Cure yourself II : nous avons affaire de nouveau \u00e0 la manipulation et la compr\u00e9hension de notre corps au niveau mol\u00e9culaire. On aurait pu imaginer que la mixture finale propos\u00e9e dans l&#8217;installation avec l&#8217;ensemble de l&#8217;ADN des participants, aboutisse \u00e0 une manipulation et une collection d&#8217;un nouveau genre, l&#8217;ADN globalis\u00e9, transform\u00e9 en un nouveau code libre et interconnect\u00e9. Si la narration est l\u00e0, la recherche reste encore \u00e0 se d\u00e9velopper et nous en restons \u00e0 un questionnement \u00e0 la fois sur ce sujet mais aussi sur la cr\u00e9ation d&#8217;un biolab DIY : comment cela s&#8217;op\u00e8re r\u00e9ellement la recherche et la mise en place du biolab? Comment cela appara\u00eet-il dans une proposition artistique? et Enfin comment cela se transmet-il \u00e0 chacun pour devenir un processus qui peut se multiplier? De nombreuses questions restent-encore \u00e0 travailler dans le projet.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-2492 alignnone\" src=\"http:\/\/apo33.org\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/NSA_DNA_9-700x394.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"394\" srcset=\"https:\/\/apo33.org\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/NSA_DNA_9-700x394.jpg 700w, https:\/\/apo33.org\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/NSA_DNA_9-300x169.jpg 300w, https:\/\/apo33.org\/wp-content\/uploads\/2017\/10\/NSA_DNA_9.jpg 730w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/p>\n<p><b>Exposition et s\u00e9ances\u00a0 de concentration artistique et mentale pour un cin\u00e9ma qui explore les possibilit\u00e9s de contr\u00f4le sonore et visuel par les ondes c\u00e9r\u00e9brales.<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Une autre exp\u00e9rience \u00e0 citer est celle propos\u00e9e par le collectif Apo33, dans la continuit\u00e9 de leur projet Th\u00eata Fant\u00f4mes qui conna\u00eet un grand succ\u00e8s international ! \u201cfuturs cerveaux\u201d propose au public de contr\u00f4le du son et des couleurs projet\u00e9s sur un \u00e9cran gr\u00e2ce \u00e0 leurs ondes c\u00e9r\u00e9brales. Le moyen est de rentrer dans un \u00e9tat m\u00e9ditatif qui permet de contr\u00f4ler au plus juste la composition sonore et le d\u00e9roulement c\u2019est \u00e0 dire les changements subtils de couleurs.<\/p>\n<p>L&#8217;int\u00e9r\u00eat de cette proposition r\u00e9side dans la fa\u00e7on dont le public se place et participe \u00e0 l&#8217;exp\u00e9rience : \u00e0 la fois r\u00e9v\u00e9lateur de leur propre capacit\u00e9\/incapacit\u00e9 \u00e0 m\u00e9diter, \u00e0 se laisser aller mais aussi de leurs possibilit\u00e9s d&#8217;aller vers cette forme de relaxation et de d\u00e9tente qui est aussi un outil d&#8217;aide \u00e0 la gu\u00e9rison. Non qu\u2019elle soit une m\u00e9decine en soi mais une fa\u00e7on de prendre le temps, de trouver un espace pour soi, de se concentrer sur l&#8217;essentiel dans notre \u00e9nergie, dans nos possibilit\u00e9s de ma\u00eetrise du corps. De moins en moins cette fa\u00e7on d&#8217;op\u00e9rer n&#8217;appara\u00eet comme quelque chose de superflu ou comme une supercherie.<\/p>\n<p>Nous savons aujourd\u2019hui que nous sommes capables de manipuler bien plus avec notre esprit que notre corps que nous l&#8217;imaginons par le pass\u00e9.<\/p>\n<p>Le savoir peut \u00eatre parfois bas\u00e9 sur la r\u00e9p\u00e9tition d&#8217;une forme de connaissance approfondie de multiples fa\u00e7ons. L&#8217;\u00eatre humain est aussi capable de bien plus et nous sous-utilisons nos possibilit\u00e9s en nous laissant guider par des formes d&#8217;enfermements familiers qui prennent formes au sein m\u00eame du syst\u00e8me \u00e9ducatif, de la cellule familiale, de l&#8217;entreprise et en permanence contr\u00f4l\u00e9 par un pouvoir politico-industriel dont les int\u00e9r\u00eats ne sont pas ceux de la lib\u00e9ration de l&#8217;\u00eatre mais qui se dirigent de plus en plus vers une surveillance et un contr\u00f4le le plus obtus qui soit.<\/p>\n<p>Cr\u00e9er des espaces de soins artistiques sont n\u00e9cessaires pour l&#8217;\u00e9quilibre. L\u2019ouverture au monde est n\u00e9cessaire pour chacun d&#8217;entre nous.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Une harmonie des sph\u00e8res, les sons du cosmos et la recherche d&#8217;une \u00e9coute spatiale. L&#8217;exposition d&#8217;Extrasystole comme un mouvement au del\u00e0 de la sph\u00e8re plan\u00e9taire, un rapport \u00e0 la narration des \u00e9toiles.<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Depuis plusieurs mois, Extrasystole travaille sur un projet en lien avec la radioastronomie et l&#8217;observatoire de Lancay entre Orl\u00e9ans et Bourges. Leur but est de cr\u00e9er une forme plastique en lien avec des sons du cosmos. Apr\u00e8s une premi\u00e8re r\u00e9sidence en janvier, Extrasystole revient proposer une exposition pendant Digital Antidote.<\/p>\n<p>Il ne s&#8217;agit pas de parler directement du \u201cgu\u00e9rir num\u00e9rique\u201d mais de se projeter au del\u00e0 du corps, au del\u00e0 de la question num\u00e9rique et de la sant\u00e9, de penser l&#8217;\u00eatre dans une perspective plus large : sa place dans l&#8217;univers. Nous ne sommes pas r\u00e9gis par les seules lois de notre soci\u00e9t\u00e9, impos\u00e9es par la politique et la justice. La terre et l&#8217;univers sont des forces et un milieu qui agissent sur notre \u00eatre au plus profond, \u00e0 la fois comme unit\u00e9 avec la constitution physique mat\u00e9rielle de notre chair mais aussi avec l&#8217;esprit qui navigue au del\u00e0 de cette limite physique.<\/p>\n<p>Cette exposition repr\u00e9sente en partie cette tentative de d\u00e9passement et de recherche des relations univers, sono et sculpture. Ces rapports \u00e0 l&#8217;univers se d\u00e9veloppe par une transposition plastique, sensible, d\u2019une recherche scientifique, plut\u00f4t abstraite en apparence, qui soit en lien avec la transmission de questionnements et d&#8217;une pens\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Sonorit\u00e9 percussive lente qui place le silence au coeur des mouvements, une pens\u00e9e vers l&#8217;int\u00e9rieur. Avec une cr\u00e9ation du musicien Z&#8217;EV Une musique qui permet le recentrage. Un lien entre yoga, m\u00e9diation et sonorit\u00e9s bruitistes, un paradoxe ? Performance de Myriam Gourfink et Kasper T Toeplitz<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Tant d&#8217;invit\u00e9s de prestige en un moment rapide, furtif et tendre rempli de propositions fortes : Myriam Gourfink et Kasper T Toeplitz ont invit\u00e9 le public dans plus de cinquante minutes de danse ultime qui r\u00e9v\u00e8le la puissance de leur collaboration.<\/p>\n<p>Mettre au m\u00eame niveau danse et musique sans hi\u00e9rarchie de mise en sc\u00e8ne peut para\u00eetre \u00e9vident mais avec le grand retour du tout spectacle et du conservatisme culturel qui cherche \u00e0 prot\u00e9ger ses espaces de confort, une telle fa\u00e7on de proc\u00e9der rel\u00e8ve de la provocation.<\/p>\n<p>Une vid\u00e9o se d\u00e9roule en arri\u00e8re plan et sur les performeurs, brindilles num\u00e9riques et \u00e9toilement de formes 3D (r\u00e9agissant aux sons et aux capteurs de mouvement?).<\/p>\n<p>La danse repose sur des mouvements lents, nourris de longues s\u00e9ances de yoga que Gourfink ex\u00e9cute plus de 5 heures par jour ; un corps construit par la mise en condition, une recherche du geste proche des nuages bruiteux et granuleux de Toeplitz, un d\u00e9roulement progressif sans \u00e0 coup,\u00a0 \u00e9tiol\u00e9 comme une travers\u00e9e du d\u00e9sert, \u00e0 la fois d\u00e9licat et brutal dans la mise \u00e0 plat des forces en pr\u00e9sence : pr\u00e9sence marqu\u00e9e de la musique et un corps qui combat et mute avec l&#8217;\u00e9l\u00e9ment du praticable (table utilis\u00e9e pour le spectacle).<\/p>\n<p>Ils sont suivis par une cr\u00e9ation du percussionniste Z&#8217;EV avec l\u2019orchestre de percussion nantais Orgone.<\/p>\n<p>S\u00e9v\u00e8rement bless\u00e9 dans un accident de train aux Etats-unis, il a fait son grand retour \u00e0 Nantes et en Europe de fa\u00e7on plus large. Et ce fut tout simplement une r\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence ! Compos\u00e9e de plusieurs mouvements, la pi\u00e8ce de Z&#8217;EV plonge la percussion au plus loin de sa recherche : comment renouveler l&#8217;\u00e9criture de la percussion aujourd&#8217;hui ? la limite de la pratique percussive est-elle atteinte ?<\/p>\n<p>A l&#8217;\u00e9coute de cette pi\u00e8ce on ne peut le penser. Contraste fort avec la performance pr\u00e9c\u00e9dente, celle de Zorgone\u00a0 (Z\u2019ev + orgone) a pourtant des \u00e9l\u00e9ments de comparaison avec la prestation pr\u00e9c\u00e9dente notamment cette similitude \u00e0 vouloir montrer les liens entre d\u00e9tente, tension et l\u00e2cher prise dans la musique. Se laisser bercer, \u00e9voluer dans le mouvement spatial des percussionnistes (7 en tout) qui environnent le public et lui proposent une \u00e9coute fine, au plus profond d\u2019une spatialit\u00e9 renouvel\u00e9e, acoustique, \u00e0 l&#8217;attention du d\u00e9tail, se r\u00e9v\u00e8le comme une cure de jouvence o\u00f9 chacun peut se laisser d\u00e9poser, plonger au plus profond de soi et tendre vers une zone de r\u00eave qui ne soit pas une marche forc\u00e9e.<\/p>\n<p>Les percussions de Z&#8217;EV : recyclage de casseroles et plats en inox, maracas, m\u00e9lang\u00e9s \u00e0 l&#8217;instrumentarium d&#8217;Orgone : grosse caisse symphonique, Tam Tam, grosse caisse et autres raret\u00e9s deviennent le coeur qui bat de cette orchestration de m\u00e9tal et de peaux qui se d\u00e9plie lentement dans l&#8217;espace de projection, brisant dans l\u2019instant les cha\u00eenes de la soci\u00e9t\u00e9 du spectacle. Le son devient cosmique, les percussions des \u00e9toiles qui brillent et nous enchantent les oreilles.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Emotion commune, jeux interactifs : une nouvelle fa\u00e7on de jouer ensemble et de d\u00e9passer son rapport aux \u00e9motions et au num\u00e9rique avec Shu Lea Cheang. Un film pour imaginer un futur sans sida, au del\u00e0 de la maladie, quelle vision?<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Shu Lea Cheang\u00a0 est une artiste des arts num\u00e9riques, digital art, qui travaille aux fronti\u00e8res des m\u00e9diums, utilisent autant le \u201clive cin\u00e9ma\u201d que l\u2019installation interactive ou la performance collective et\u00a0 le trash porn lib\u00e9rateur. Dans cette carte blanche, Cheang a propos\u00e9 son jeu artistique UKI o\u00f9 les participants doivent ensemble faire \u00e9voluer une plateforme sonore et visuelle, des sortes de virus et sonorit\u00e9s multiples compos\u00e9s de bruit noir, de fr\u00e9quences modul\u00e9es, filtr\u00e9es et transform\u00e9es selon l\u2019\u00e9motion collective.<\/p>\n<p>En effet les participants doivent tenter (de 2 \u00e0 8 joueurs) de rentrer dans un \u00e9tat commun o\u00f9 chaque ma\u00eetrise de leur \u00e9motion comme entit\u00e9 collective provoque des changements dans le jeu et permet de passer des \u00e9tapes et d\u2019entendre de nouveaux sons.<\/p>\n<p>Ce qui est int\u00e9ressant dans UKI c\u2019est le rapport machine, \u00e9motions, composition sonore et cr\u00e9ation collective. Les participants sont en m\u00eame temps acteurs et interpr\u00e8tes d\u2019un jeu o\u00f9 les r\u00e8gles ne sont pas, \u00e0 l\u2019instar d\u2019un jeu classique, \u00e9crites \u00e0 l\u2019avance : en fonction de comment les participants \u00e9changent ensemble sur la fa\u00e7on d\u2019op\u00e9rer le jeu et de comment peuvent-ils accorder leur \u00e9motions ressenties ou m\u00eame souvent comment \u00eatre \u00e0 l\u2019unisson dans l\u2019action, l\u2019\u00e9tat et le mouvement pour activer les diff\u00e9rents niveaux du jeu pour ainsi gagner ou dans le cas d\u2019un \u00e9chec du game over.<\/p>\n<p>Les sensors captent en temps-r\u00e9el diff\u00e9rentes donn\u00e9es de votre pouls, circulation sanguine et signaux \u00e9lectriques traversant le poignet. Ces donn\u00e9es sont ensuite envoy\u00e9es \u00e0 un ensemble de patch\/programme\/algorithmes qui analysent et redirigent les flux de data vers la manipulation de diff\u00e9rents sons synth\u00e9tiques et vers les commandes visuelles, mapp\u00e9s sur le sol et les \u00e9crans, repr\u00e9sent\u00e9es par des globules rouges en mouvement et un cercle o\u00f9 chaque participant peut voir son adaptation \u00e0 la partie en cours.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>La microtonalit\u00e9, la musique comme m\u00e9decine sonore, la paix int\u00e9rieure avec\u00a0 Deborah Walker, Eliane Radigue et Rona Geffen.<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>D\u00e9routante f\u00fbt la soir\u00e9e organis\u00e9e par Apo33 \u00e0 la Plateforme Interm\u00e9dia le mercredi 15 novembre. Non seulement par les invit\u00e9s pr\u00e9sents mais aussi par un environnement satur\u00e9, d\u00e9goulinant de vari\u00e9t\u00e9s et de loisirs culturels, soir\u00e9e pop et f\u00eate priv\u00e9e sous les nefs qui ont eu l&#8217;effet de r\u00e9v\u00e9ler la beaut\u00e9 \u00e0 travers un \u00e9cran de laideur.<\/p>\n<p>Cela en soit ne dit rien, c&#8217;est devenu une forme de quotidien dans ces lieux d\u00e9di\u00e9s aux loisirs touristiques mais au milieu de tout cela une soir\u00e9e avec des musiques p\u00e9n\u00e9trantes, envo\u00fbtantes, fragiles, ouvertes \u00e0 une \u00e9coute d\u00e9licate, propice \u00e0 la compr\u00e9hension de l&#8217;autre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Rona Geffen \u00e0 ouvert ce champ de l&#8217;\u00e9coute par un ensemble de jeux de diapasons \u00e9chantillonn\u00e9s en direct sous forme de nappes de fr\u00e9quences oscillantes, parfois ponctu\u00e9es de chants et de percussions proposant \u00e0 l&#8217;auditoire une forme de s\u00e9ance de gu\u00e9rison sonore. En effet, elle nous am\u00e8ne, comme une shamane, vers une d\u00e9tente de l&#8217;esprit, vers un laisser-aller o\u00f9 chacun peut se retrouver. Amplifie le son est cristallin, p\u00e9n\u00e8tre tendrement les oreilles et vous laisse dans un temps d&#8217;entre-deux apaisant.<\/p>\n<p>Le gu\u00e9rir sonore s&#8217;il en est, refl\u00e8te aussi une certaine forme de mise en situation et de proposition, li\u00e9e \u00e0 l&#8217;espace d&#8217;\u00e9coute de chacun.<\/p>\n<p>Il ne s&#8217;agit pas tant de volume que de fa\u00e7on d&#8217;utiliser le son, de compr\u00e9hension de l&#8217;autre et d&#8217;\u00e9change \u00e0 travers une mise en forme des sons.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une l\u00e9g\u00e8re pause, Deborah Walker interpr\u00e8te OCCAM VIII de la compositrice Eliane Radigue, m\u00e8re ultime de la musique \u00e9lectronique, microtonale et minimaliste. Elle fait figure de point d&#8217;articulation dans les nouvelles musiques et la pratique des sons \u00e9lectroniques. Pr\u00e9curseure d&#8217;une approche du son par l&#8217;\u00e9coute et par la composition de type \u201cmusique concr\u00e8te\u201d, elle travaille depuis plus d\u2019une d\u00e9cennie avec des instrumentistes (Kasper T Toeplitz, Onceim, Deborah Walker&#8230;) \u00e0 l&#8217;interpr\u00e9tation jou\u00e9e live par des musiciens. Deborah walker joue une pi\u00e8ce pour violoncelle, d&#8217;une d\u00e9licatesse \u00e0 fleur de peau, o\u00f9 la finesse d&#8217;ex\u00e9cution se refl\u00e8te dans la fa\u00e7on de rentrer dans le son et d&#8217;en sortir, en murmurant le violoncelle, \u00e9raflure l\u00e9g\u00e8re des cordes, du bois. Il faut tendre l&#8217;oreille pour percevoir la vibration et cela nous\u00a0 r\u00e9jouit.<\/p>\n<p>De l\u00e0 nous, audience, sommes placard\u00e9s aux murs de rythmique entre salle rock pop et boum boum de night club privatis\u00e9 par des s\u00e9quences basiques de basses venant \u00e9craser litt\u00e9ralement la pi\u00e8ce de Radigue. Le r\u00e9sultat en soi n&#8217;est pas inint\u00e9ressant, au contraire, une certaine beaut\u00e9 dans la laideur de ce qui nous environne : la fragilit\u00e9 d&#8217;une musique malmen\u00e9e par sa contrepartie populaire\/iste.<\/p>\n<p>Ce coin d&#8217;existence, ce \u201ccocon\u201d nous dira Deborah, a tout \u00e0 fait sa place dans ce quartier des loisirs et de l&#8217;industrie culturelle. Il fait office d&#8217;\u00eelot de diversit\u00e9 et de r\u00e9sistance artistique. Il serait parfois plus facile de se replier dans un sanctuaire prot\u00e9g\u00e9 et d&#8217;ignorer ce monde l\u00e0 mais quelque chose de fort se passe dans cette confrontation dans ce dernier bastion de l&#8217;\u00e9coute o\u00f9 un espace est donn\u00e9 \u00e0 de toutes petites choses, des d\u00e9tails qui nous enrichissent par leurs effleurements.<\/p>\n<p>Un espace, la plateforme interm\u00e9dia, une programmation Digital Antidote pour sentir cette caresse du son, pour se laisser enfin apais\u00e9, loin de la violence m\u00e9trique des pauvres mixages du DJ et de la foule occup\u00e9e \u00e0 danser comme en bo\u00eete de nuit, pour l&#8217;occasion privatis\u00e9e o\u00f9 s\u00e9curit\u00e9 rythme avec interdit et o\u00f9 les barri\u00e8res ferment un espace de passage habituellement ouvert sur la ville.<\/p>\n<p>La composition d&#8217;Eliane Radigue, \u201cOc\u00e9an\u201d a toute sa place ici : elle r\u00e9v\u00e8le de fa\u00e7on extr\u00eame l&#8217;absurdit\u00e9 de la situation. Par la violence que la musique subit, le minimalisme prend un sens r\u00e9el dans cette opposition de phases, une composition au del\u00e0 de Radigue na\u00eet, celle de l&#8217;auditeur en proie aux interrogations : la musique est-elle d\u00e9truite ?<\/p>\n<p>propose -t-elle une forme d&#8217;alternative ? et si cette tension ne nous permet pas de prendre conscience de l&#8217;espace lui-m\u00eame, il existe une musique spatiale par d\u00e9faut o\u00f9 les corps font aussi partie de l&#8217;interpr\u00e9tation.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Une rencontre aux limites de l&#8217;\u00e9coute, une pens\u00e9e de l&#8217;\u00e9criture sonore au del\u00e0 de l&#8217;expression romantique, une distance qui permet de mieux s&#8217;accepter, un forme de gu\u00e9rison des sens par la plong\u00e9e dans le micro-son avec AMM, Formanex et Onsemble.<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En ce d\u00e9but d\u00e9cembre, nous entrons dans une recherche sonore \u00e0 la limite de l\u2019\u00e9coute. Comme pour Eliane Radigue le travail men\u00e9 par AMM, Formanex et Onsemble semble se d\u00e9placer vers l\u2019\u00e9coute et la compr\u00e9hension de l\u2019autre \u00e0 travers la musique.<\/p>\n<p>AMM est un des groupes fondateurs de la musique improvis\u00e9e, exp\u00e9rimentale et contemporaine. Depuis les ann\u00e9es 60 cette entit\u00e9 musicale pr\u00f4ne l\u2019ouverture sonore et le croisement des genres au del\u00e0 de l\u2019expression personnelle pour rompre enfin avec le romantisme pesant dont notre soci\u00e9t\u00e9 a du mal \u00e0 se d\u00e9tacher, une fa\u00e7on de se concevoir en tant qu\u2019\u00eatre uniquement centr\u00e9 sur soi et ses \u00e9motions. Prendre de la distance avec l&#8217;\u00e9motionnel\u00a0 dans la musique permet aussi une certaine distance avec le faire, l\u2019\u00e9coute et la situation de concert.<\/p>\n<p>Dans le concert propos\u00e9 \u00e0 Nantes, AMM a travaill\u00e9 avec deux ensembles de musique : Formanex et Onsemble. Le trio anglais avait d\u00e9j\u00e0 jou\u00e9 avec Formanex il y a 16 ans \u00e0 Nancy pour le festival \u201cMusique Action\u201d mais ils ne s\u2019\u00e9taient pas rencontr\u00e9s depuis.<\/p>\n<p>Un CD a \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9 et les artistes ont construit un parcours atypique pour chacun, avec des sp\u00e9cificit\u00e9s communes : rapports entre acoustique et \u00e9lectronique, guitares pr\u00e9par\u00e9es.<\/p>\n<p>Sur sc\u00e8ne les deux trios ont jou\u00e9 ensemble une composition de Cornelius Cardew \u00abTreatise\u00bb. Ils ont jou\u00e9 une page de la partition globale compos\u00e9e de 180 pages. Une premi\u00e8re partie en sextet pendant une vingtaine de minutes puis Formanex s\u2019est retir\u00e9 pour laisser la place \u00e0 AMM en trio. La musique fut jou\u00e9e dans une coh\u00e9sion quasi-parfaite, sans d\u00e9rapage mais juste assez pour construire une \u00e9coute et une circulation des sons \u00e0 la mesure de la partition : une descente dans l\u2019\u00e9coute profonde de chacun des instruments, du d\u00e9tail des espaces et de l\u2019acoustique sec de la salle, une concentration sur la structure, une clart\u00e9 de jeu limpide et fascinante.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une pause, AMM et Formanex sont revenus agrandis avec plusieurs autres musiciens du Onsemble pour une performance collective sur une nouvelle page du \u00abtreatise\u00bb de Cardew. L\u00e0 encore un sans faute, un jeu commun sans faille, tr\u00e8s proche d\u2019une parfaite entente entre tous les musiciens sur sc\u00e8ne, une douzaine environ. Personne n\u2019a jamais pris le dessus pour exprimer son \u00e9go, tout le monde fut \u00e0 l\u2019\u00e9coute de chacun, 40 minutes non-stop d\u2019une musique qui travaille le d\u00e9tail des sons et l\u2019articulation claire de la composition dans le temps. L\u2019auditeur est plong\u00e9 dans son \u00e9coute et sa r\u00e9ception au coeur de l\u2019\u00e9v\u00e9nement et de l\u2019interpr\u00e9tation ; une immersion au plus profond de la musique et de sa r\u00e9sonance avec nos \u00eatres communs, non plus seulement pour une consommation individualis\u00e9e et un plaisir \u00e9go-centr\u00e9 sur ses \u00e9motions, un son d\u00e9taill\u00e9 de l\u2019\u00e9coute et une interpr\u00e9tation musicale au plus pr\u00e8s de tous.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"size-large wp-image-3168 alignnone\" src=\"http:\/\/apo33.org\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/MG_8929-700x467.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"467\" srcset=\"https:\/\/apo33.org\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/MG_8929-700x467.jpg 700w, https:\/\/apo33.org\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/MG_8929-300x200.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/p>\n<p>_________________________________________________________________________<\/p>\n<p><strong>Entretiens Digital Antidote<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Deborah Walker<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Pouvez-vous vous pr\u00e9senter en quelques mots ?<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je m\u2019appelle Deborah Walker, je suis violoncelliste, install\u00e9e \u00e0 Paris depuis 2004.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Quel est votre parcours ?<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je suis n\u00e9e en Italie, j\u2019ai commenc\u00e9 le violoncelle \u00e0 l\u2019\u00e2ge de huit ans, au conservatoire de ma ville natale, Reggio Emilia. J\u2019ai \u00e9volu\u00e9 dans un contexte musical tr\u00e8s divers. Adolescente, je jouais du classique dans un ensemble local, mais aussi du rock avec des groupes de la r\u00e9gion. En tant qu\u2019\u00e9l\u00e8ve au conservatoire je participais r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 des projets de musique contemporaine. Plus tard, j\u2019ai particip\u00e9 \u00e0 des stages d\u2019improvisation avec des musiciens comme Vincent Courtois, Jo\u00eblle L\u00e9andre, Markus Stockhausen. Apr\u00e8s avoir obtenu mon dipl\u00f4me je suis venue \u00e0 Paris pour \u00e9tudier avec Agn\u00e8s Vesterman. A Paris je suis rentr\u00e9e en contact avec le milieu de la musique contemporaine et exp\u00e9rimentale et en 2007 j\u2019ai int\u00e9gr\u00e9 l\u2019ensemble Dedalus.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>Pourquoi avoir choisi d\u2019interpr\u00e9ter la pi\u00e8ce OCCAM VIII d\u2019Eliane Radigue ?<\/b><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<ul>\n<li>C\u2019est Julien Ottavi qui m\u2019a propos\u00e9 de jouer OCCAM VIII dans le cadre de Digital Antidote. Cette composition s\u2019inscrit dans le projet OCCAM OCEAN, qui comprend \u00e0 pr\u00e9sent plus de cinquante pi\u00e8ces, du solo jusqu\u2019au grand ensemble. Eliane Radigue raconte ainsi la gen\u00e8se de ce cycle\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019id\u00e9e m\u2019est venue en m\u2019inspirant d\u2019une grande peinture murale que j\u2019ai d\u00e9couverte en 1973 au Mus\u00e9e d\u2019histoire naturelle de Los Angeles. Celle-ci montrait le spectre d\u2019ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques pr\u00e9sent\u00e9es dans l\u2019ordre d\u00e9croissant des longueurs d\u2019ondes mesurables. Dans ce vaste spectre, il existe une minuscule zone l\u00e9g\u00e8rement inf\u00e9rieure \u00e0 100 Hz et l\u00e9g\u00e8rement sup\u00e9rieure \u00e0 10\u00a0 KHz, que certaines esp\u00e8ces de la plan\u00e8te ont transform\u00e9e en &#8220;sons&#8221;. Plus tard, j\u2019ai d\u00e9couvert des parall\u00e8les int\u00e9ressants avec mes r\u00e9flexions sur Guillaume d&#8217;Ockham et son fameux &#8220;rasoir d\u2019Ockham&#8221;. Son &#8220;principe de simplicit\u00e9&#8221; a \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9 et utilis\u00e9 par de nombreux artistes et cr\u00e9ateurs. \u00a0Enfin, je me suis souvenue d\u2019un r\u00e9cit de science-fiction qui \u00e9voquait l\u2019existence d\u2019un oc\u00e9an mythique. Le titre du roman, &#8220;Le Rasoir d\u2019Occam&#8221;, m\u2019est rest\u00e9 en m\u00e9moire, ce qui explique l\u2019orthographe que j\u2019ai retenue. Il semble en r\u00e9alit\u00e9 que l\u2019oc\u00e9an, avec ses nombreuses vagues, nous permette symboliquement d\u2019\u00eatre en contact avec un large spectre d\u2019ondulations, s\u2019\u00e9tendant de la houle en haute mer jusqu\u2019aux ondelettes des journ\u00e9es d\u2019\u00e9t\u00e9. Ceci explique la structure globale du projet.\u00bb<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Un \u00e9v\u00e9nement organis\u00e9 sur 3 mois ce n&#8217;est pas commun ! 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