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julien
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-====== le libre et les nouvelles pratiques de création : open source modular art-efacts ====== 
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-article FLOSS+ART 
  
-français - english (below) 
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-version 0.1 (source : julien Ottavi) 
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-===== le libre intuitif et la pratique du libre ===== 
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-. Le mouvement du libre apparaît dans la continuité de la philosophie GNU développé par Richard Stallman autour de la licence GPL et du systéme d’exploitation GNU et dans un deuxiéme temps GNU/LINUX. Mouvement du libre car au delà du logiciel et du code, le libre serait avant tout une attitude, un positionnement au sein de la société et dans le cadre des activités humaine, le libre comme mouvement peut s’envisager aussi comme un développement continu, en cours, dans un processus de devenir et de partage. Ce terme large peut aussi regrouper la question du sensible et de l’approche expérimentale et intuitive qui nous traversent en permanence. le Libre ne saurait être une pratique limité à son origine fondatrice, que ce soit pour les logiciels ou pour les pratiques artistiques...,​ il est avant tout une relation au monde, une relation à la production et à l’échange entre les humains. La notion de libre en tant que concept ne remonte pas aux années 70/80, il a traversé de nombreuses époques et à exister sous des modalités différentes selon les civilisations. « origine du mot libre ». Le conte, le mythe, l’apprentissage des techniques, les connaissances ont trouvé leur développement enrichi à travers l’échange et la circulation de leur contenu et de leur pratique dans le temps et entre différentes communauté d’intérêts ou de savoir. Ce n’est que à l’avènement de la société marchande, capitaliste que nous avons vu apparaître les concepts de propriété s’appliquer au savoir, à la connaissance et à la technique... avec notamment l’apparition de la notion d’auteur. Le libre dans bien des domaines est un concept très intuitif, il compose une approche sensible des choses, qui en passe par la transmission,​ le partage et la conscience de sa propre continuité dans l’histoire humaine. Continuité dans le développement des idées et des savoirs, au delà des générations précédentes,​ nos idées et pratiques se développent à partir de points de convergences autour de plusieurs niveaux de concentration d’autres idées. Nous ne sommes pas des individus coupés de leur histoire dont le langage et les idées apparaîtraient de nulle part, nous sommes inscris dans la continuité de nos ancêtres. Si l’intuition du libre passe par différentes situations de mises en lien, partage et échange, elle n’en est pas moins confronté aujourd’hui à la puissance écrasante d’une société du tout propriétaire,​ du tout breveté, de l’individu-roi,​ et de la marchandisation – objectivation de la moindre parcelle d’idée ou de production humaine. L’intuition du libre, quand cela en passe par une existence dans la société marchande – capitaliste s’en trouve confronté au cadrage systématique des concepts de propriété et de brevetage du moindre acte ou pensée. Pour que cela ne puisse pas disparaître dans cette machine à emprisonner le réel, elle se positionne au sein de cette moulinette stérélisante en utilisant et en renversant les cadres et concepts qui l’oppressent. En cela la GPL se pose comme un renversement de la notion de copyright, utilisant le copyright pour ouvrir à un nouveau processus de création, de partage et de distribution du code source informatique. Comment passe ton de l’intuition du libre à la pratique du libre? Il s’agit en fait de ne pas seulement se situer dans le contre ou dans la proposition disparaissante,​ fantomatique mais bien d’ouvrir des failles dans un système qui tente par tous les moyens de se solidifier alors qu’il est au bord de l’écroulement. On parle ainsi de pratiques du libre, qui se développeraient en parallèle des pratiques marchandes et fétichisantes de la société capitaliste,​ qui viendrait à la fois interroger ce système, le remettre en question (ne serait-ce que par sa propre existence), le faire muter mais aussi permettre à d’autres de faire exister leur propre idées, projets, pratiques au delà des schémas imposés par la machine du grand capital. Ces pratiques se situent à tous les niveaux de l’activité humaine, aussi bien sur le champ de l’immatériel (idées, données numériques,​ connaissances...),​ que de la production d’objets industrielles,​ agricoles, artisanaux ou artistiques. De plus en plus se développe une conscience que la praxis et la production peuvent exister sous différentes modalités, d’autres points de vue, que celui du tout propriétaire. Elle tente d’ouvrir les cadenas que nous nous imposons par la peur et dans l’ignorance d’une économie à sens unique, une frappe de terreur nous touche au quotidien à travers l’abrutissement massif de nos repères et modes d’existence sur cette planète. 
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-===== Le libre et la création, au delà d’un modèle, une synergie, une mutation... ===== 
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-. Comment les logiciels libres et l’open-source influencent et ouvrent le processus de création, les pratiques artistiques?​ et vice-versa? Depuis plusieurs années, le logiciel libre à fait son apparition dans la pratique artistique à travers l’utilisation d’outils dédiés à la création, commençant ainsi à se libérer de l’hégémonie des grandes maisons d’informatiques propriétaire. Au delà des outils et de leur efficacité dans la construction d’oeuvre artistique ou de processus de création, on voit apparaître tout un champ de concepts que nous apportent les logiciels libres : la logique de l’ouverture du code source, le partage et la distribution ouverte, la possibilité d’intervenir sur ces sources et ces modes de partage, le travail de documentation et de connaissances des pratiques pour enrichir et développer les possibilités de connaissances et de ré-appropriation par un autre, les modes de travail en réseau ou collaboratifs,​ ainsi que la remise en question du droit d’auteur et son développement vers d’autres définitions. Les premières influences que l’on a pu voir apparaître au sein des pratique de création, se situe au niveau du concept d’auteur et sur les modes de circulation et de partage du contenu, notamment du contenu numérisé (audio, texte, vidéo, image...). Le questionnement sur l’auteur trouve sa place naturellement dans les pratiques de création, elle à déjà fait l’objet de questionnements et de remises en question à travers tous les groupes des avant-gardes artistiques que ce soit dada ou les lettristes, les situationnistes et ainsi de suite, ou par la création d’oeuvre sans nom, sans auteur ou par la multiplication de pseudo ou de personnages imaginaires. Mais dans la plupart de tous ces cas, l’auteur est revenu en force. Là où il y avait remise en question de cette notion par des créations collectives ou des processus partagés, à chaque fois, l’existence de l’individu et sa reconnaissance ont prédominé dans le temps, le besoin de reconnaissance est plus fort pour l’individu,​ et la société capitaliste nous y force depuis notre enfance à travers les différents dispositifs de formatage (famille, éducation, prison, armée...etc). Le libre ne remet pas en question l’existence d’un auteur, au contraire, elle le met en présence et le développent au delà de sa forme restrictive lié à la fermeture de tout partage et de toutes modifications. L’auteur-propriétaire que nous différencions de l’auteur tout court, est celui dont le travail est sous le contrôle d’une juridiction quelle qu’elle soit, dont le résultat en terme d’idées ou d’objets (livres, cds, films, sculptures, habits, mobiliers, architectures...etc) peut être soumis à une réglementation - restriction dans le partage avec d’autres, dans son utilisation,​ dans sa modification et sa circultation. Dans de nombreux pays, tout objet ou oeuvre est par défaut « copyrighté », c’est à dire soumis à une réglementation juridique qui le protège de toute exploitation,​ copie ou transformation. Nos sociétés bureaucratiques ont déjà pensé aux moindres détails pour nous, le cadre est posé dés le départ, vos créations, vos idées doivent appartenir à quelqu’un,​ et elles doivent être protégées et brevetées en conséquence. C’est à ce moment là que la notion d’oeuvre libre et de licence du type GPL prennent tout leur sens, elle permettent au processus de création et à leur résultante de pouvoir envisager un mode d’existence autre que celui du tout propriétaire et du tout cloisonné. L’auteur peut enfin devenir maître de ses propres idées, productions et décider enfin comme il souhaite dans le cadre de la société marchande - capitaliste,​ partager, distribuer et rendre libre de toute modifications modifications ses oeuvres-travaux-processus. On voit apparaître ainsi des modifications dans les modes de transmissions des travaux artistiques,​ sous la forme de plate-forme de partage, de portail et de lieux immatériel de circultation des oeuvres, des copies des oeuvres ou de leur modifications. Une conscience d’être un auteur prend tout son sens, il prend même tous ses sens, ou toutes ses ramifications de sens, car chacun de nous peut enfin envisager le rapport qu’il entretient avec cette notion, il n’y a plus seulement la voix unique de la grande machine capitalisante. Au delà de son approche générique,​ nous situons notre pensée dans une société de la reproduction,​ où tout devient multipliable à souhait que ce soit industriellement ou bien aujourd’hui numériquement,​ il n’y a plus possibilité de créer de l’unique, la copie est toujours dans l’ombre de son origine, elle est totalement inhérente à l’hétérogénéité des pratiques. Les objets, les idées ne sont plus uniques dans le sens où les modes de reproduction et de circulation se produisent en temps-réel,​ dans l’instant même, à la seconde prés, tout peut devenir immatériel,​ se transformer,​ se copier à la minute même où la chose est énoncée, révélée. Nous nous trouvons en présence d’une machine à ingurgiter et à multiplier le réel, une spirale infernale avalant tout ce qu’elle trouve sur son passage. Nous sommes les proies d’une fourmilière digitale. Dans la perspective de ce que nous appellerions « l’auteur libéré », il y a la notion d’ouverture du code source et de sa possibilité de modification. On peut la retrouver dans l’art à travers les différentes licences appliquées au champ de la création (creative commons, art libre, gnuart...etc),​ où l’oeuvre est clairement ouverte à la modification,​ ré-appropriation par un autre... Là où cette ouverture était intuitive, elle apparaît aujourd’hui comme un choix délibéré de l’auteur et non plus comme filiation inhérente à l’idée de création. On ne parle plus seulement d’influence,​ de citations ou d’autres processus de détournement,​ modifications de l’oeuvre qui ont précédé l’idée d’oeuvre ouverte (potentiellement contrôlable,​ monayable, capitalisable...) mais cela devient partie intégrante de l’oeuvre ou processus, elle apparaît comme une partie de la production, elle est énoncé au yeux de tout le monde. Cela permet à la fois à la communauté artistique de consciemment développer,​ pervertir, embellir, redéfinir, détourner...l’oeuvre,​ le processus, les idées d’un autre, les questions ne se cachent plus, la possibilité de dépasser l’auteur-génie et l’auteur-propriétaire devient de plus en plus commun. Mais aussi à la société dans son entier, aux individus dans leur inter-connections de se dire qu’il n’y a plus autant de fossés entre eux et la création, entre eux et la possibilité du devenir créateur, de l’art fragmenté à différents niveaux de la société, ramifications de nos quotidiens et de nos actes les plus banaux. On retrouve de plus en plus de projets partant d’un code ouvert au sens d’une base de départ qui peut être ensuite être modifié par des individus ou un groupe de personnes, on y retrouvent ainsi les bases ancestrales de la création mais avant tout un positionnement,​ une énonciation de ces pratiques vis à vis de la capitalisation de chaque molécule de notre environnement,​ de ce que nous sommes, cela prend corps dans un faire, dans un dire. L’influence du libre à ce niveau intervient sur le fait que nous pouvons envisager de nouveau à partager ce que nous sommes et ce que nous avons à dire sans avoir peur... la peur de l’autre, de celui qui va venir contredire ce que nous voulons dire, de l’autre qui va venir interroger ce que nous sommes et voulons devenir. Au delà de cette reconnaissance de soi pour soi avec ces filiation déterminé,​ nous en tant qu’objet marchandisable,​ récupérable,​ nous pouvons nous multiplier, devenir multi-cellulaire,​ envisager l’être-multiple dans l’oeuvre, dans le processus... . Il n’y a plus seulement les Grands de l’histoire,​ il y aurait plutôt un noyau de multiplication. Non pas seulement comme concept, mais aussi comme apparition effective dans le champ de la reconnaissance de pratiques au delà d’une fondation. Apparaît la notion d’auteur-multiple. 
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-===== Apparition de pratiques influencés par le libre : de nouvelles approches de la création? ===== 
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-. Depuis plusieurs années les logiciels libres se positionnent dans le champ des pratiques en réseau, c’est à travers les premiers réseaux que les codes sources ont pu circuler, qu’ils se sont partagés, modifiés, multipliés,​ c’est dans les techniques du réseau que les systèmes GNU/LINUX se sont fait reconnaître. Ainsi les notions de travail collaboratif sont dès le départ une manière de construire le logiciel et la possibilité de faire avancer son développement,​ les projets à multiples auteurs et multiples écritures, corrections,​ scriptages, bêta-tests... Le logiciel a ouvert dès son apparition les concepts d’internet et de mise en réseau au delà de leur sens premier. Sans les logiciels libres et les logiques des licences libres, on se trouverait encore dans une conception du réseau limité à des portails payant ou controlés par des sociétés spécialisées (que nous pouvons retrouver en partie sur les réseaux actuels), mais qui est largement contrebalancé par les techniques d’ouvertures et l’infinité de propositions du mouvement du libre (logiciels, contenus, pensées, documentation,​ distribution,​ communauté,​ entraide, forum et mode de partage...). Dans le même temps, de nombreuses formes de création utilisant les concepts de réseau, de partage, de collaboratif... se sont développées sur internet et hors internet. Elles ont plus ou moins, intuitivement,​ repris les concepts en cours au niveau du développement du net et des pratiques numériques,​ où les formes se multiplient,​ les couches de transformation s’accumulent,​ se déploient selon des principes de dissémination,​ où les notions temporelles s’étirent,​ deviennent vitesses, où les modes d’existence deviennent ubiquité, où l’auteur devient dizaines, milliers, où la machine, extension humaine devient créateur, s’autonomise et trouverait presque son mot à dire. N’ayons pas peur des mots où une nouvelle société prend forme, ou de nouvelles visions se croisent et se cognent, forment des amas, explosent en de multiples particules, où les désirs s’écrivent par milliers, où l’être humain va tenter de se faire muter, lui et son milieu. Mutation machinique, pensée chaosmique, artefacts et dispositifs de numérisation des corps, l’avènement de cette société est imprévisible dans ses conséquence à moyen terme sur le comportement de nos congénères. Nous avançons à pleine vitesse, aveugle, ne se fiant qu’à la peur qui nous étreint le ventre, qu’à la semi-conscience de notre fin, nous sommes les Icares fonçant sur le soleil, voulant devenir soleil. Quel est le rapport aux nouvelles pratiques artistiques?​ Peut-être celles-ci reflètent-elles une partie de nos irrationnels desseins, désirs, fantasmes... . Mais le désir a rendez-vous avec le devenir, nous sommes en proie à créer, à nous créer nous-même dans cette relation avec la machine, avec le réseau. Dans ses pratiques du réseau, de la machine, nous retrouvons ainsi des projets dont l’objet réside dans une oeuvre infinie qui se développe à travers les années et qui inclut de nombreux contributeurs,​ se multipliant tout le temps, où le réseau sert de transmetteur à plusieurs combinaisons. L’idée d’oeuvre infinie qui se développe sous le mode de la version, comme le logiciel permet d’envisager dans sa forme ouverte, des modalités où la notion d’oeuvre même éclate, le processus n’est plus pris non plus sous la modalité du concept mais devient pratique et expérimentation partagé et envisagé comme potentialité de développement artistique. Non plus comme mouvement, ou pris dans les cadres de l’histoire de l’art (art conceptuel par exemple) mais comme pratique au quotidien pouvant toucher différents milieux, différents types d’activité humaine. Dans la multiplication et l’ouverture de celle-ci, nous voyons aussi apparaître des formes de création inter-connectées à travers les réseaux, qui se nourrissent et échangent des informations physiques pouvant se trouver à des distances géographiques radicalement différentes,​ se développant sur le mode de l’ubiquité. I est partout, se multiplie tout seul comme des cellules. Les protocoles ouverts permettent au créateur d’échanger en temps-réel des contenus, processus avec d’autres, il s’ensuit une autre manière d’envisager son approche de la captation ou de la transformation,​ sachant que celle-ci va faire partie d’une entité multi-couches,​ à ramifications constellaires. On pourra envisager d’étendre l’expérimentation au delà du format, de s’ouvrir à des conceptions non développées jusque là. La notion de produit catégorisable,​ quantifiable disparaît au profit d’une forme imperceptible,​ intouchable,​ insaisissable dans son entier, échappant à toute tentative de définition à priori. Elle permet ainsi de s’envisager en tant que créateur à plusieurs niveaux, sur plusieurs échelles, temporelles,​ géographiques,​ sensibles...etc,​ de se mouvoir dans une masse informelle comme un passeur qui créerait du lien en touchant un point, il permet de développer des types de création qui nous échappe, qui pullulent, deviennent comme des virus, qui peuvent aussi bien disparaître,​ s’enliser,​ se fragmenter en des choses que nous n’avions pu envisager au préalable. La machine se poétise, elle devient sensiblement notre alter-ego. Nous sommes pris par notre propre tentative d’extension,​ de ce devenir machine qui nous habite, de ce fantasme cosmique qui transpire en nous, celui de devenir le ici et là bas, le maintenant et l’après. Le logiciel libre et les pratiques du libre au sens large libèrent des désirs que nous n’avons pas encore formulé, ils sont là, se matérialisent,​ se font récupérer,​ se communiquent,​ se développent,​ sont détournés,​ dématérialisés dans l’instant même mais ils se multiplient,​ s’envisagent comme des formes infinies, partagés et ouvertes à la remise en question dans leur existence, dans leur futur, dans ce qu’ils sont et ne sont pas. Le pirate n’est plus un faux (servant malgré les intérêts de trusts ou d’institutions),​ il devient navigateur de l’inconnu,​ car les pratiques du libre se développent au delà des définitions,​ au delà des schémas habituels. Le fait que l’on puisse partir de contenu libre, de pratiquer le partage où l’auteur devient multiple, nous amènent ainsi à repenser notre position vis à vis des différentes catégories d’acteurs impliqués dans nos modes de création : le concepteur, l’auteur, le technicien, le producteur, le diffuseur, l’artiste,​ le spectateur ou le participant...etc,​ nous sommes devenus tout cela à la fois et nous pouvons aussi l’envisager sous le mode de circulation sans aucune limitation de cadre juridique ou technique. Nous sommes bousculés dans nos propre repères sur la vision par catégorie et grille de lecture de notre environnement,​ la création se libère ainsi de sa charge historique, les modes d’existence s’envisagent sous différentes modalités : temps-réel,​ diffusion permanente, distribution sur les réseaux, multiplication des copies, dissémination en plusieurs points du réseau, fragmentation de la source-produit... . L’écriture même de ce texte n’est pas là où l’on pense qu’elle est, elle est déjà ailleurs, elle se trouve en de multiples points, elle existe pour vous là à l’instant où vous lisez mais elle à déjà pris des formes dont vous ne verrez peut-être jamais la forme, ou vous ne saurez peut-être pas qu’elle a un lien avec sa source... elle est en devenir, elle est déjà devenu et ne nous attend pas pour disparaître et se multiplier. 
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-====== The '​Free'​ and New  Creative Practices : Open Source Modular Art-efacts ====== 
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-version 0.1 (source : julien Ottavi 
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-===== The Intuitively Free and the Free as Practice ===== 
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-The free software movement came into existence with the GNU philosophy, originally developed by Richard Stallmann, through the GPL licence and the GNU operating system, and later, through GNU/LINUX. It was called '​Free'​ from the beginning, already an attitude, a choice for a certain kind of society and human behaviour, even before involving software and encoding; which should be considered in terms of continuous development,​ an in-progress operation, a sharing process. ​ Gathered under this name the enduring questions of the sensible, ​ intuitive and practical approaches to reality frequently arise. The '​free'​ movement cannot only be thought of as a practice limited to the realm of computing and art, since its origin was the result of a relation to production and to social trade. The concept of '​free'​ was not born out of the 70/​80'​s,​ but had previously travelled through various periods, various processes, feeding on the all sorts of cultures. 
-Tales, myths, the learning of techniques – all new knowledge enriched through the exchange and circulation of their content and of their practice in times and communities which shared the same interests and the same wish to understand. However, with the onset of capitalism the notion of property – the ownership of knowledge and of technology, dominates the processes by which knowledge is handled and obtained, ​ especially with relation to the invention of copyrights. Yet, contrary to this the '​free'​ movement is an intuitive and deeply engrained attitude that has traversed the centuries. Rather than being detached from an extinct tradition, the '​free'​ movement continues to  enlarge those ideas of its ancestors – which, recently replaced by a new language and new ideas, is now confronting a society where everything is bound by the concepts of property and the licensing of individual rights and commodity trading – objectifying every beginning of an idea or a product. ​ 
-GPL aims to overturn such a perspectives by upsetting that infamous right not to copy and instigating a new process of creation, of sharing and of the diffusion of source codes. But how do we move from the intuition of the '​free'​ to implimenting its practice? By opening the faults that undermine a system, such as those cracks created beneath the capatalist structures, by practices contrary to those structures pretending to reach a new kind of stability in a society whose systems are crumbling, the '​free'​ movement is begining to get a foot hold.  Practising the '​free' ​ signifies exiting the spheres of trade and fetichist capitalism; questioning the system (even its reality), organising its mutation, allowing others to develop their own ideas, projects and practices beyond the schemes imposed by the corporate machine. The practice of the '​free'​ can be found at all levels of human activity, be it immaterial (ideas, digital data, knowledge) or industrial, agricultural,​ manual (craft) or artistic. It becomes ever more obvious that praxis and production can exist under different guises, outside the notion of property. The '​free'​ unlocks the doors of fear or ignorance ​ of dead end economics. 
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-===== Free software and creation: beyond models, synergy and mutation ===== 
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-How do free software and open source influence each other and encourage creative processes and artistic practices? ​ For a few years now, free software has participated,​ through creation-oriented tools, in artistic practices which could then be set free from the domination of large proprietary data processing corporations. But we now discover a whole field of concepts through free software: the logic of source code, of sharing and open distribution,​ the freedom to modify sources, new modes of sharing, new ways to learn or to transform other people'​s work, working in a net or a collective, questioning copyrights and other property rights... The  first effects of the '​free'​ on creation were felt against the notion of copyright in addition to the invention of new modes of distribution and sharing content or knowledge - especially digital content (audio, text, video, image). Questions concerning authorship had already been raised by previous avant-garde artistic groups, such as Dada, Lettrists, Situationists,​ as well as through unclaimed works and imaginary names, and so on. Yet the concept of authorship eventually came back with a vengeance; the individual'​s ​ wish for recognition prevailed, programmed into us by the system and its formatting devices (family, school, prison, army, media...). The '​free'​ movement does not negate the existence of an author; ​ on the contrary: the author introduces him/herself and allows us to develop his/her work beyond any denial to share and transform. What we call '​author-owner',​ as opposed to plain '​author',​ is controlled by jurisdiction,​ his/her ideas or products (books, cds, films, sculptures, clothes, designs...) would remain restricted or regulated. In many countries, all works of art or of the imagination,​ are « copyrighted » by default, i.e. their use is regulated and they are legally protected from free copying or transforming. The red tape of the bureaucrates ​ has already decided what is best for us, we are entwined from the start; new concepts must necessarily belong to somebody; hence, they must be protected and licensed. At this stage, the notion of '​free'​ comes onto the scene, and licences such as '​GPL'​ become essential, allowing again the creative process to be developed outside of the rigid proprietary rules that binds it. The product is now set free from the world of traded commodities,​ ready to be shared, distributed or transformed. The author can now let his/her work proliferate and generate new processes. In a world of (almost) costless reproduction,​ the outmoded notion of the '​unique'​ has no reason to subsist; objects, concepts are no longer irreplaceable. We now live in a time of proliferation,​ of (digital or industrial) diffusion: when production can be multiplied, in different modes, from different points of view – not just the perspetive of the originator, the « owner'​s ». The doors of fear and ignorance of one-way economics may be set ajar. Things can now be copied at will and immediately,​ as soon as they have been created or expressed. Reality now confronts the great propagating machine which can swallow anything and regurgitate so many of its replicas. More and more ants stream out of a digital planetary ant-hill. 
-The author has now been '​liberated'​ through the opening of source codes and by the possibility of their modification. This trend can be observed in the artistic arena, thanks to many kinds of licences that have been chosen specifically for creation (creative commons, art libre, gnu-art etc.), and including works open to transformation,​ modification or re-appropriation... Where this opening had previously ​ been intuitive, now it has becomes the conscious choice of the original author; there is no more talk of '​influence',​ '​quotes'​ or other ways to modify works (previously considered as '​assets',​ liable to be '​controlled'​). When governed by these new licences, works become part of an on-going process, they are 'in progress',​ part of a multi-layered product. In this context, any member of the art community may consciously develop, disrupt, esthetize, redefine, divert a piece of work, a process, an idea, originated by others; questions can now be openly raised, the author/​genius can be upstaged and the author/​owner becomes rather run-of-the-mill. Everybody can now believe that that part of the gap that separated them from creativity has been filled and that art can penetrate our most trivial actions. More and more projects are using the concepts of open codes as a basis to push and engourage later transformations by individuals and groups. This means we may now imagine sharing what we are and what we mean without fear, fear of the other, of whoever might contradict us, question us or our project. We can now proliferate,​ become multi-cellular,​ imagine a manifold entity in each work, each process... History is no longer made of Great People only, but of multi-generational nuclei. We contemplate the renaissance of the collective author. 
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-===== New practices influenced by the free movement : ===== 
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-For a few years, free software has been engaged in network practice. Through these first networks, source code has been able to circulate, it has been shared, modified, copied. GNU/LINUX first met recognition when it engaged in network technology. Free software could only be developed out of collaborative work, multi-authored projects, programming,​ corrections,​ beta-tests... From the outset the '​free'​ project participated in the Internet project and the practice of net-working. Without free sofware and the options of out-of-copyright licences, the notion of digital networks would have found itself limited to paying sites, or sites controlled by specialised companies. Whilst these companies are visibly present in the current system, they have to compete with more open techniques in addition to a mass of products ​ stemming from the free movement, such as; software, texts, ideas, documentation,​ distribution,​ community, mutual aid, forums, modes of sharing etc. Many forms of creation implicating contemporary notions of networks, sharing and collaboration have been developed in and outside of the Internet. They intuitively borrowed concepts from the net and the digital, and from the resulting multiplication of forms and layers, the deregulation of time (stretched),​ the new ubiquity of our way of life. When the author is multiplied tenfold, thousandfold,​ when the machine (prothesis of the human) becomes creator, autonomous and almost unbound: we could see a new society being born where new visions mingle and get bruised, pile up and explode, new hopes are arise leading to mutations. Machinic mutations lead to chaos, the unknown, and unexpected behaviour. We are now running into darkness with fear as our only light, maybe toward our termination,​ like Icarus aiming for the sun, trying to disappear into the sun. However, what has this got to do with artistic practices? Maybe these practices only mirror our scopes, desires, phantasms? Maybe desire is necessary for our transformation,​ and we need to create, with machines, through networks. to participate collectively in an inconmmensurable and endless work of art, with networks acting as multipliers in a myriad of permutations. ​ The continual production of a work, forever ongoing in its actualisation,​ can now be considered – with so many layers or versions, temporary endings and pauses, as a new process that explodes the myth of the completed work of art, of achievement – work that is perpetually in progress is no longer the dream that was previously imagined, rethorically invoked : it can actually be realised. Relayed by many craftsmen, artists, technicians,​ who modify the very concept of work of art are no longer caught up in a '​movement',​ nor prisoners of the framework of Art History (as in Conceptual art), but free to shift within an on-going practice, across diverse milieus and activities. New creative forms can connect, through networks, feeding and exchanging data from afar, ubiquitous. New forms of creation everywhere, reproducing like organic cells. Creators can now exchange in real time, exchange content and/or processes, as well as receive some form of instant feedback; they can imagine catching or transforming things differently,​ and hope that their own contribution will participate in a gigantic constellation. ​ Any experiment has the potential to continue beyond any pre-defined framework, following directions never conceived previously. The notion of a categorised,​ quantified product could sometimes disappear, being replaced by undefined forms destined to evolve unexpectedly. The machine becomes poetical, almost human. Or we are becoming our own prosthesis, the cosmic phantasm that we exhale, integrating the here and there, the now and after. Free software and the practice of the '​free'​ in general liberates the desires that we have not yet expressed. Here they appear, suddenly realised, developed, diverted, recuperated and they communicate,​ but they dissolve as soon as they are born, and multiply to an infinity of forms, shared and open; their mere existence is questioned as much as their future and their definition. The pirate does not depend on the fake, the faux (remaining a prisoner of corporations or institutions),​ he explores the unknown, beyond definitions,​ beyond routine. 
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-By developing from a free content, by sharing with multiple authors, we can reconsider the various co-actors or co-producers of a collective work, who are no more prisoners of a specific role: the conceptor, the author, the technician, the producer, the distributor,​ the artist, the spectator, the participant... : we can now become all or anyone of these. And we know our (and their) work can now be distributed without any legal or technical constraints. ​ 
-With gratitude, we are lost. We have derailed the beaten path of easy categorisations and obvious histories, new modes are open : real-time, permanent diffusion, network distribution,​ countless copies, ubiquity on the net and the division of product-source. Even this text has not been written where you/they think: it's here and it's there, everywhere, you read it in one form but, maybe, it has already been copied and modified in ways you can't imagine. It is becoming something else, it has become already, it does not wait for us before it dissipates or proliferates into the universe. 
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-//Original text written in french : http://​www.crealab.info/​ecriture/​doku.php?​id=version_en_ligne 
-translation by Hervé Gosselin// 
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-__Useful Links :__ 
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-http://​www.apo33.org 
-http://​www.noiser.org 
-http://​poulpe.apo33.org 
-http://​gnu.org 
-http://​www.gnuart.org 
-http://​artlibre.org/​ 
-http://​creativecommons.org/​ 
-http://​piksel.no/​ 
-http://​www.constantvzw.com 
-http://​www.labomedia.net/​ 
-http://​www.platoniq.net/​ 
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-...etc 
theorical_texts.txt · Last modified: 2018/05/14 08:53 by julien