UNE DENT SUR LE POUCE

Une dent sur le pouce : une époque sans pareille

du 2 juillet au 29 août 2020
du jeudi au samedi – de 16h à 19h

A la Plateforme Intermédia / La Fabrique – 4 boulevard Léon Bureau, 44200 – île de Nantes

Vernissage impromptu le 2 juillet à 18h30 (ramène ton verre!)

Muscle détendu – Installation sonore, drone infini.
Le Désert Rue – Film collaboratif produit pendant le confinement.
SandOnSand – Réalisation d’un film en continu pendant l’exposition : Regard extérieur et écologie sonore.
La mémoire transposée – Pièce sonore participative qui sera réalisée avec les visiteurs tout au long de l’exposition.
Zapping artistique du confinement – De petites architectures pour accueillir des streams post-confinement
La disparition des média – Processus de fossilisation des média de notre époque.
Copy/Paste – Piksel Cyber Salon, un espace virtuel accueillant une partie de l’exposition hybride COPY PASTE, des performances en direct et des ateliers du programme Piksel Fest Spill 2020.

 

 

Dans le prolongement de la précédente exposition “We are all media”, l’exposition d’été réunira plusieurs communautés passionnées et inventives qui ont, pendant le confinement lié au covid19, développé de nouvelles façons de se connecter et de créer.

Les artistes sont rarement vaincus par les circonstances imposées par les sociétés ou les époques dans lesquelles ils vivent et le coronavirus ne fait pas exception. Des communautés en ligne ont vu le jour et ont créé un lieu permettant aux artistes et au public d’échanger. Les artistes nantais ont pu se connecter avec des publics internationaux et le public local a pu découvrir des artistes cosmopolites. De plus, tous ont pu bénéficier pleinement de tous les aspects des média sociaux et des espaces virtuels d’internet.

L’exposition estivale cherche à présenter certains de ces projets les plus actifs, à travers la création d’architectures physiques (maquettes) et de designs développés à partir de performances de média sociaux et d’une esthétique de l’art virtuel.

La culture du web existe depuis le milieu des années 1990, lorsque les artistes ont colonisé internet pour la première fois. Ils voyaient cet espace virtuel comme une nouvelle utopie, libre de toute limite et de tout obstacle, un “espace de liberté” : la liberté d’expression, y compris l’expression de l’identité, un espace où les marginaux pourraient trouver leur voix, leur communauté et leur libre expression. Pendant cette ère utopique du web, se développait un grand espoir pour un monde virtuel où la race ou le sexe n’aurait pas d’importance.

L’art d’Internet est participatif : il crée des espaces virtuels d’interaction et des réseaux de communication, en utilisant des logiciels, des serveurs, des sites web, des outils de surveillance, des média sociaux, des réseaux, des applications et diverses autres choses.

20 ans plus tard, nous sommes confrontés à la transformation d’Internet en un instrument d’oppression étatique et à l’accélération du capitalisme. Depuis les bases de données de reconnaissance faciale des média sociaux et la collecte massive de données sur nos activités numériques vendues pour être analysées par divers intérêts commerciaux, jusqu’à la collecte de données, plus sinistre et secrète financée par la politique, comme celles déployées par Cambridge Analytica pour manipuler et cibler les électeurs lors du référendum Brexit, ou encore par les infrastructures d’État comme la NSA (National Security Agency in the US) et le GCHQ (Government Communications Headquarters in the Uk) -qui ont été révélées par Edward Snowden-, pour conserver toute les communications individuelles privées sans se préoccuper de préserver le vie privée et les droits fondamentaux de tout être humain.

Aujourd’hui, nous ne sommes plus seulement un corps physique mais aussi un corps de données.
Depuis la navigation par GPS en passant par les cartes de voyage connectées et à la localisation par téléphone intelligent, nos mouvements sont suivis et mémorisés. Grâce aux cartes de fidélité, les achats en ligne sur des appareils connectés, notre consommation et nos choix sont enregistrés. Par les courriels, les chats et les recherches sur les média sociaux, nos communications et nos intérêts sont archivés. L’ensemble de ces données tirées de nos empreintes virtuelles permet de dresser un portrait assez précis de chaque individu, de ses choix, de son mode de vie, de ses idées et de ses préoccupations, le tout pouvant être analysé et manipulé par les grandes entreprises ou les outils étatiques.

Convaincus par nos craintes et notre sécurité du vieil adage de l’état de surveillance “si vous n’avez rien à cacher, vous n’avez rien à craindre”, nous n’avons désormais nulle part où nous cacher, le droit à la vie privée est un rêve passé et la “police de la pensée” d’Orwell est en marche.